L'amour et la liberté ne vont pas ensemble, car l'amour doit répondre aux exigences de l'autre alors que la liberté ne se met qu'au service de soi-même. Il n'y a d'amour que conditionnel et la condition, c'est de répondre à la demande de l'autre pour en retour voir ses propres demandes satisfaites. C'est une question d'échange et de profit mutuel. Si nous plaçons notre affection dans un autre, nous lui apportons satisfaction et il est normal qu'il nous paye de retour. La réciprocité de l'échange assure le bénéfice mutuel. Si, dans le cadre d'un contrat, chacun s'engage à appartenir à l'autre affectivement, alors on est sûr de rester entouré et d'obtenir la satisfaction d'une relation réussie. Si l'autre m'appartient, parce qu'il a consenti à m'appartenir dans un engagement, je peux l'aimer. Si l'autre ne m'appartient pas, je ne peux pas l'aimer, je ne peux que le désirer, mais je n'ai pas l'assurance de voir mes demandes satisfaites. Alors à quoi bon maintenir une relation si elle ne satisfait pas à mes demandes ? Elle ne répondrait pas à mes attentes, elle ne serait pas à la hauteur de la promesse conclue dans l'engagement. On ne peut s'engager dans une relation que parce que l'on a l'espoir d'y trouver satisfaction. Sinon cela n'a pas de sens. Le but de la relation est de combler nos attentes. Si la relation n'y parvient pas, c'est qu'elle trahit les espoirs que l'on a pu y mettre. Elle devient décevante par la faute de celui qui n'a pas répondu aux conditions de l'engagement. Si les relations ne marchent pas c'est parce que les partenaires n'ont pas conscience du défi consistant à devoir, jour après jour y mettre du sien et satisfaire aux demandes de l'autre. C'est parce qu'à un moment on se rend compte que l'autre n'est pas à la hauteur, que nous en éprouvons de l'amertume. Mais nous avons raison de lui en vouloir, parce qu'effectivement la faute, c'est de ne pas tenir ses promesses, les promesses pour lesquelles nous avions accepté de nous engager dans la relation .